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Février 2022

Bach ajoute à la simple déclamation chantée d'autres couches de musique qui donnent à l'œuvre une ampleur considérable, une étoffe qui oppose ses contrastes dramatiques à la relative sobriété de cette première ligne.

On peut énumérer ces différentes couches, qui viennent s'ajouter à la ligne de base et l'enrichir.

  1. Il fait donc chanter toutes les paroles rapportées dans le récit par des voix différentes, ou encore par tout un chœur. Des chanteurs solistes assument donc les rôles de Jésus, PierreJudasPonce Pilate, la femme de Pilate, des témoins...

  2. Il introduit des pauses dans la lecture, sous la forme de chorals liturgiques harmonisés, qui introduisent l'assemblée comme personnage participant au drame. Ce sont les réactions, les commentaires de cette assemblée des croyants. Ils sont sensibles à l’histoire et comprennent son sens. Ils interviennent sur des phrases littéraires et musicales très calmes et intériorisées, qui peuvent aussi bien être très affirmées. En fonction des différents moments de l'œuvre, la mise à quatre voix de ces mélodies contraste parfois avec leur simplicité d'origine. Ces chorals peuvent être compris comme de grandes respirations chantées par tout le chœur mais ils permettent d'abord à l'assemblée des fidèles de participer à l'action et de lui donner son sens. Ces chorals sont au nombre de douze. Parfois composés par Luther lui-même, ils sont à la base de la liturgie musicale "protestante" allemande (comme le chant grégorien dans la liturgie catholique, mais sont, toutefois, d'un caractère très différent). Le choral luthérien des XVIe et XVIIe siècles est à l'origine d'une musique proprement allemande, de même que le chant grégorien et ses dérivés l'avaient été depuis les débuts du Moyen-Âge pour la musique d'Europe occidentale.

  3. Bach introduit des commentaires chantés appelés aria(s) (ou arie, en italien) à chaque tournant de l’histoire. Le récit est interrompu par un chanteur qui livre son émotion et sa réflexion. Le plus souvent, le chant est d'abord annoncé dans un petit air intermédiaire, semi-déclamé, qu'on appelle un arioso. Il résume la situation, et introduit au chant qui va suivre. Ces textes sont dus au poète Picander. Il y a quinze arias et dix ariosos en tout dans la Passion. La plupart sont chantés par des voix seules.

  4. Le récit de la Passion est précédé d’une grande "ouverture" chantée par les deux chœurs. À ceux-ci se superpose le choral O Lamm Gottes, unschuldig (Ô agneau de Dieu, innocent), chanté à l'unisson par un chœur d'enfants. Les phrases de ce choral, égrainées une à une, en valeurs longues, à la manière d'un cantus firmus, représentent le sommet de cette construction contrapuntique, La première partie de l'œuvre est clôturée par un nouvel épisode choral. La seconde partie est également introduite par le(s) chœur(s), et l’œuvre s'achève sur un grand chœur final, précédé par un court adieu de chaque soliste au Christ.

  5. Bach utilise les deux chœurs, qu'il fait entendre l'un après l'autre ou les deux ensemble, comme deux groupes qui se mêlent ou qui peuvent aussi s'unir complètement.

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